Le stress n’est pas toujours notre ennemi.
À petite dose et sur une courte durée, il nous aide même à nous mobiliser. Il augmente notre vigilance, concentre notre attention et prépare notre corps à agir.
Le problème apparaît lorsque cet état d’alerte ne s’arrête plus vraiment.
Le mental commence alors à tourner davantage. On réfléchit beaucoup, mais pas mieux. On passe d’une pensée à une autre, on anticipe, on rumine, on doute. Certaines personnes parlent d’un véritable brouillard mental : elles savent qu’elles doivent prendre une décision, mais n’arrivent plus à voir clairement ce qu’elles veulent.
Et ce phénomène n’est pas seulement psychologique.
Face à une situation qu’il perçoit comme menaçante, urgente ou difficile à gérer, le cerveau mobilise les mécanismes nécessaires pour nous permettre de réagir rapidement.
L’attention se focalise davantage sur le problème. Le cerveau cherche les informations importantes, anticipe les risques et privilégie les réponses rapides.
Dans certains états de stress ou d’hypervigilance, on peut notamment observer davantage d’activité cérébrale rapide, parfois qualifiée de bêta élevée ou “high beta”.
C’est utile lorsqu’il faut réagir rapidement.
Mais lorsque cet état devient permanent, il peut devenir épuisant.
Car plus le cerveau reste centré sur l’urgence, moins il dispose d’espace pour prendre du recul. Les capacités qui nous permettent de réfléchir calmement, d’organiser nos pensées, de faire des choix ou de réguler nos émotions deviennent plus difficiles à mobiliser.
C’est souvent à ce moment-là que l’on ressent : la dispersion, les difficultés de concentration, les pensées qui tournent en boucle, l’impression de ne plus savoir par où commencer ou encore cette difficulté à prendre une décision pourtant simple quelques semaines auparavant.
Autrement dit, plus le système d’alerte prend de place, plus la clarté mentale peut diminuer.
Il est important de distinguer deux formes de stress.
Le stress aigu est ponctuel.
Une difficulté apparaît, le corps se mobilise, l’attention augmente et nous utilisons nos ressources pour faire face à la situation. Lorsque l’événement est terminé, l’organisme peut progressivement revenir à son équilibre.
C’est un mécanisme normal et nécessaire.
Le stress chronique, lui, s’installe dans la durée. Les sources de tension se répètent ou nous avons le sentiment de ne jamais réellement pouvoir relâcher la pression.
Le système d’alerte reste alors activé beaucoup trop longtemps.
Et le corps finit lui aussi par en payer le prix.
Lorsque nous sommes stressés, tout notre organisme participe à la réponse.
Le rythme cardiaque augmente. La respiration devient plus courte. Les muscles se contractent. Le sommeil est perturbé. La digestion se modifie. L’énergie fluctue.
À court terme, ces réactions permettent au corps de se préparer à agir.
À long terme, en revanche, l’absence de récupération favorise la fatigue et l’épuisement.
C’est pour cela que vouloir gérer son stress uniquement avec son mental atteint rapidement ses limites.
Il faut permettre au corps de sortir progressivement de cet état d’alerte.
Et nous ne réagissons pas tous au stress de la même manière
Une même situation peut être très stressante pour une personne et relativement anodine pour une autre.
Parce que notre réaction dépend de nombreux éléments : notre histoire, nos expériences précédentes, notre état de fatigue, notre environnement, nos ressources du moment mais aussi la manière dont nous interprétons ce qui nous arrive.
C’est pour cela qu’il n’existe pas une seule méthode universelle de gestion du stress.
La première étape consiste plutôt à apprendre à se connaître.
Qu’est-ce qui déclenche mon stress ?
Comment mon corps m’avertit-il ?
Que se passe-t-il dans mes pensées ?
Comment est-ce que je réagis lorsque la pression monte ?
Et surtout : qu’est-ce qui m’aide réellement à retrouver un état plus stable ?
Lorsque le stress devient important, rester uniquement dans la réflexion peut entretenir le problème.
Le mental analyse, anticipe et recommence.
L’action permet alors de modifier cet état.
Elle peut être physique : marcher, bouger, pratiquer une activité sportive, faire du yoga, jardiner.
Elle peut également être mentale ou créative : écrire, méditer, peindre, écouter de la musique, parler avec quelqu’un.
La respiration lente et consciente peut également aider le corps à quitter progressivement son état de forte activation.
L’objectif n’est donc pas de trouver la technique idéale.
Il s’agit de découvrir celles qui fonctionnent pour soi.
J’ai choisi de placer la gestion du stress en premier parmi mes six fondamentaux pour une raison simple.
Il est difficile de travailler véritablement sur ses objectifs lorsque l’on fonctionne en permanence sous tension.
Comment prendre une décision importante lorsque notre cerveau ne cesse d’anticiper le pire ?
Comment retrouver confiance lorsque notre énergie est déjà mobilisée pour tenir le quotidien ?
Comment réfléchir à un changement de vie lorsque notre esprit est saturé ?
Avant de chercher immédiatement la solution, il est parfois nécessaire de retrouver suffisamment de calme et de disponibilité intérieure pour pouvoir à nouveau observer, réfléchir, discerner et choisir.
Et c’est là que le coaching prend tout son sens.
Il s’agit de d’aider le coaché à comprendre son propre fonctionnement, à identifier ce qui déclenche certaines réactions (les stresseurs), à différencier ce qui dépend de lui de ce qui ne dépend pas de lui et à retrouver des ressources adaptées à sa situation.
Car mieux réguler son stress ne signifie pas vivre une vie sans pression.
Cela signifie développer une capacité à revenir plus facilement à l’équilibre lorsque la pression apparaît.
Et lorsque le brouillard commence à se dissiper, quelque chose change.
On retrouve de l’espace.
De la clarté.
Et surtout, la capacité de choisir plutôt que simplement réagir.